La fin du Littoral Var Basket en 2026 a marqué un tournant inattendu pour le basket féminin varois. Ce club, fruit d'une coopération entre Hyères Toulon Var et La Seyne Basket, représentait l'espoir d'une montée en puissance régionale. Sa dissolution laisse un vide criant sur la carte du basket français.

Après des années d'efforts et de rencontres électriques, ce départ ouvre de nouvelles perspectives. Loin d'être une fin, cela pourrait être le début d'une réorganisation plus saine pour le basket féminin local.

Terrain de basket dans le Var avec joueuses en action
Les terrains varois continuent d'accueillir les passionnées malgré la disparition du Littoral Var Basket.

Le bilan et les raisons de la dissolution

Le Littoral Var Basket, né d'une Coopération Territoriale de Clubs (CTC) entre le Hyères Toulon Var (HTV) et La Seyne Basket, avait réussi à unir deux pôles du littoral varois autour d'un même objectif. L'équipe féminine évoluait en Nationale 3, un échelon clé pour l'ascenseur social sportif local.

Durant plusieurs saisons, elles ont livré des matchs intenses. Leur parcours en Nationale 3 n'était pas flamboyant, mais il était solide. Chaque victoire était une petite victoire collective, chaque défaite une leçon partagée.

La saison 2025-2026 aura été fatale. Terminant à la 9ᵉ place, l'équipe était condamnée à la relégation. Le dernier match, disputé contre le Smuc Marseille, a tenu toutes ses promesses de suspense. Un duel tendu, serré, finalement perdu de quatre points (54-50).

Et pourtant, l'espoir était encore là. Dans ce genre de championnat, un repêchage est souvent possible. Avec le nombre fluctuant d'équipes d'un an sur l'autre, une place pouvait se libérer. Tout le monde pensait que le LVB serait sauvé… sauf si.

Sauf si l'entente entre les deux clubs ne tenait plus. Et c'est exactement ce qui s'est produit. Geoffroy Seltzer, manager général de La Seyne Basket, a annoncé sans détour que la CTC ne serait pas reconduite. Pas de scandale, pas d'explication détaillée, juste une fin discrète.

L'impact sur le basket féminin local

Ce n'est pas qu'un simple changement de championnat. C'est une rupture dans la continuité. Le basket féminin varois perd son unique représentant à un niveau national structuré. Et ça, ça a des conséquences bien réelles, surtout pour les jeunes joueuses.

Avant, une fille du Var pouvait rêver de jouer en Nationale 3 sans quitter son département. Elle pouvait gravir les échelons locaux, intégrer les filières U15 Élite, puis décrocher sa place dans l'équipe senior. Un parcours clair, accessible, local. Maintenant, ce chemin est bouché.

Les talents les plus prometteurs vont devoir regarder ailleurs. Vers Marseille, Nice, ou même plus loin. Ce qui signifie souvent : quitter la famille, changer de lycée, coûts supplémentaires. Pas évident quand on a 16 ans et qu'on veut juste jouer au basket.

Les conséquences à long terme

  • Moins de filles restent dans le département
  • Les équipes jeunes s'appauvrissent
  • Les résultats baissent
  • Le cercle vicieux s'amplifie

D'ailleurs, le mot réorganisation prend tout son sens. Parce que sans action rapide, ce n'est pas une simple pause, c'est un recul.

Le témoignage des acteurs locaux

Quand on parle de basket dans le Var, on ne peut pas faire abstraction de La Seyne Basket. Fondé en 1955, le club a une histoire riche, marquée par des montées en Nationale 2 pour les hommes, et en Nationale 3 pour les femmes dans les années 70. Puis, comme beaucoup, il a connu des hauts et des bas.

Mais depuis 2012, un recentrage sur la formation a permis de relancer la machine. Aujourd'hui, le club compte 270 licenciés, dont 110 féminines et 190 jeunes. Un chiffre impressionnant pour une structure locale. Et surtout, une base solide pour rebâtir.

Geoffroy Seltzer l'a dit clairement : « Il faut rebâtir un projet ambitieux à l'échelon inférieur. » Pas de grand discours, pas de promesses en l'air. Juste une phrase qui résume tout. Le rêve national est en pause, mais pas abandonné.

Entraînement féminin à La Seyne Basket
Les entraînements continuent à La Seyne Basket malgré la fin de la CTC.

Et c'est peut-être là, dans cette phrase simple, que réside l'espoir. Parce que les gens comme Seltzer ne sont pas là pour briller en interview. Ils sont là pour construire, jour après jour, avec peu de moyens mais beaucoup de conviction.

Le vivre ensemble est une valeur forte du club. Pas juste un slogan marketing. Sur le terrain, ça se traduit par des entraîneurs qui ont grandi dans le club, des parents impliqués, des équipes mixtes dès le plus jeune âge. Et surtout, une ouverture à tous, quel que soit le niveau.

La Seyne Basket : un nouveau départ

Le club seynois ne disparaît pas. Au contraire. Il redevient indépendant, libre de tracer sa propre route. Et cette liberté, il pourrait bien en faire une force.

Actuellement, La Seyne Basket aligne 11 équipes en départemental, 4 en régional, et 3 en championnat de France, notamment en U15 Élite et U18 Élite. Ça veut dire que le niveau est déjà là. Le vivier aussi.

Compétition Nombre d'équipes
Départemental11
Régional4
Championnat de France3
Total18

Leur équipe féminine senior joue en Nationale 3, mais sous le maillot du LVB. Maintenant, il va falloir rebâtir une équipe à part entière, sous les couleurs du club. Un défi, mais pas une utopie.

Et pour ça, ils ont les atouts. Une école de mini-basket bien remplie (85 enfants), un encadrement stable, un soutien local. Et surtout, une culture du travail de long terme.

Le rôle des autres clubs varois

Mais un seul club ne peut pas tout porter. Et heureusement, d'autres existent.

Le Hyères Toulon Var Basket (HTV), bien que moins visible depuis la fin de la CTC, a un passé riche. Et selon leurs déclarations récentes, ils comptent « franchir un step » dans les prochaines années. Pas de précision sur les moyens, mais un mot lâché : investisseurs américains.

Perspective HTV

William Dumas, manager général du HTV : « On sera mieux, mais pas non plus les nouveaux riches. »

Et ça, c'est sain. Parce que le basket, surtout féminin, ne se construit pas en une saison. Il faut du temps, de la patience, et une vision partagée.

D'autres clubs, plus petits, jouent aussi leur rôle. Les équipes de La Garde, Six-Fours, ou Toulon Métropole animent le championnat départemental. Pas de projecteurs, pas d'Instagram, mais des terrains pleins le week-end, des parents sur les côtés, des entraîneurs bénévoles.

Reconstruire un projet ambitieux

Alors, comment faire revenir le basket féminin varois au niveau national ? Pas en rêvant. En planifiant.

Les axes de reconstruction

  1. La collaboration - Pas forcément une nouvelle CTC, mais au moins un dialogue entre clubs
  2. Le soutien des collectivités - Salles, subventions, logistique
  3. Valoriser les filières jeunes - Déplacements en Coupe de France, stages avec des anciennes
  4. Le 3x3 - Format olympique en plein essor
  5. Raconter les histoires - Les parcours inspirants des joueuses

La première étape : la collaboration. Pas forcément une nouvelle CTC, mais au moins un dialogue entre clubs. Partager les entraîneurs, mutualiser les matchs de préparation, organiser des plateaux régionaux. Rien de révolutionnaire, mais ça manque souvent.

La deuxième : le soutien des collectivités. Les clubs ont besoin de salles, de subventions, de logistique. Et les villes du littoral ont tout intérêt à investir dans le sport féminin.

La troisième : valoriser les filières jeunes. Les équipes U15 et U18 doivent pouvoir jouer à un haut niveau, même sans Nationale 3.

Et justement, le 3x3. Ce format, olympique depuis 2020, explose en popularité. Plus rapide, plus urbain, plus médiatique. Et le Var a tout pour en profiter.

Calculateur de développement féminin

Ce calculateur permet d'estimer le nombre de joueuses potentielles que pourrait accueillir un club en fonction de plusieurs critères. Saisissez vos valeurs pour voir le potentiel de développement.

Et maintenant ?

Le Littoral Var Basket n'existe plus. Mais le basket féminin varois, lui, est toujours là. Dans les salles, dans les vestiaires, dans les regards de ces jeunes filles qui enfilent leurs chaussures un samedi matin.

Il n'y aura pas d'équipe en Nationale 3 en 2026-2027. C'est un fait. Mais ce n'est pas une fatalité.

Parce que derrière chaque fin, il y a un début possible. Et parfois, il faut brûler l'ancien pour construire le nouveau.

La Seyne Basket a les bases. Le HTV a les ambitions. Les petits clubs ont l'énergie. Et les joueuses, elles, ont la flamme.

Il ne manque qu'une chose : l'envie collective de reconstruire. Pas chacun de son côté. Mais ensemble.

Et si c'est le cas, alors peut-être qu'en 2027, on parlera non pas de la fin d'un rêve, mais du début d'un nouveau chapitre.

Jeunes joueuses du Var en action
Le futur du basket féminin varois est entre les mains de ces jeunes passionnées.

Un chapitre écrit par des filles du Var. Avec du cœur, du sérieux, et un peu de folie. Et ça, ça vaut tous les trophées du monde.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le Littoral Var Basket ?

C'était une entente entre le Hyères Toulon Var Basket et La Seyne Basket, créée pour porter une équipe féminine en Nationale 3.

Pourquoi le LVB a-t-il disparu ?

Suite à une relégation sportive et à la fin de la coopération entre les deux clubs, le projet n'a pas été reconduit pour 2026-2027.

Y aura-t-il une équipe varoise en Nationale 3 en 2026-2027 ?

Non, aucune équipe du Var ne sera engagée en Nationale 3 féminine cette saison.

Que deviennent les jeunes joueuses du LVB ?

Elles restent dans leurs clubs d'origine ou rejoignent d'autres structures, comme La Seyne Basket ou des clubs extérieurs.

La Seyne Basket continue-t-elle son projet féminin ?

Oui, le club maintient ses équipes jeunes et seniors, avec un recentrage sur la formation et le développement local.